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03 · Métiers & Spécialités

Devenir chauffeur VTC (Uber, Bolt, Heetch) : conditions légales et examen obligatoire

Devenir chauffeur VTC pour Uber, Bolt ou Heetch : conditions légales, permis B depuis trois ans, examen T3P des CMA et carte professionnelle obligatoire.

Équipe TestVTCPréparation à l’examen T3P (taxi, VTC, VMDTR) organisé par les CMAMis à jour le 12 juillet 20265 min de lecture1200 mots

Uber, Bolt, Heetch : la porte d’entrée est la même pour tout le monde

Quelle que soit la plateforme avec laquelle vous envisagez de travailler, l’accès au métier de chauffeur de VTC (voiture de transport avec chauffeur) ne dépend pas d’elle. Il est fixé par le Code des transports, dans le cadre du transport public particulier de personnes (T3P) : pour transporter des clients à titre onéreux, il faut détenir une carte professionnelle de conducteur, et cette carte s’obtient — sauf reconnaissance d’un titre ou d’une expérience acquis dans un autre État membre de l’UE ou de l’EEE (art. R. 3120-8-1), la reconnaissance d’une expérience acquise en France ayant été supprimée le 12 août 2026 — par la réussite à l’examen organisé par les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA).

Aucune inscription sur une application ne remplace cette étape. Les plateformes de mise en relation exigent la carte professionnelle avant d’activer un compte chauffeur, parce que la loi le leur impose : faire conduire une personne sans carte exposerait à des sanctions pour exercice illégal de la profession.

Ce guide décrit le parcours réglementaire complet : conditions préalables, examen, carte, puis registre des exploitants si vous exercez en indépendant.

Les trois conditions préalables, avant même l’examen

La fiche officielle F31027 (entreprendre.service-public.gouv.fr, vérifiée au 1er janvier 2026) et les articles R3120-6 et suivants du Code des transports fixent trois conditions d’accès à la profession :

  • Permis B depuis au moins trois ans — ou deux ans si vous avez appris dans le cadre de la conduite accompagnée. Un permis en période probatoire ne permet pas de s’inscrire à l’examen (article R3120-7).
  • Aptitude médicale : un avis médical favorable délivré par un médecin agréé par la préfecture (formulaire cerfa n° 14880) est requis pour exercer.
  • Honorabilité professionnelle (article R3120-8) : certaines condamnations inscrites au bulletin n° 2 du casier judiciaire ferment l’accès à la profession — conduite sans permis, ou peine d’au moins six mois pour vol, escroquerie, agressions sexuelles ou trafic de stupéfiants, notamment.

Vérifiez ces trois points avant de payer des frais d’inscription : ils conditionnent la délivrance de la carte, quelle que soit votre note à l’examen.

L’examen VTC : sept épreuves organisées par les CMA

L’examen de la filière VTC comprend sept épreuves écrites d’admissibilité — cinq de tronc commun (A à E), partagées avec les filières taxi et VMDTR (véhicules motorisés à deux ou trois roues), et deux épreuves spécifiques VTC — puis une épreuve pratique d’admission en véhicule. Les formats ci-dessous sont ceux du règlement national d’examen publié par CMA France (version décembre 2024).

Épreuves d’admissibilité de la filière VTC (règlement national CMA France, déc. 2024).
ÉpreuveFormatDuréeCoefficient
A — Réglementation du T3P et prévention des discriminations et des violences sexuelles et sexistes10 QCM + 5 QRC45 min3
B — Gestion16 QCM + 2 QRC45 min2
C — Sécurité routière20 QCM30 min3
D — Langue française7 QCM + 3 QRC30 min2
E — Langue anglaise20 QCM30 min1
F(V) — Développement commercial12 QCM + 4 QRC30 min3
G(V) — Réglementation nationale VTC6 QCM + 2 QRC20 min3
Épreuves d’admissibilité de la filière VTC (règlement national CMA France, déc. 2024).

Inscription, tarif et formation : ce qui est obligatoire, ce qui ne l’est pas

L’inscription se fait sur la plateforme nationale exament3p.fr, en service depuis le 4 novembre 2025. Le tarif de l’examen complet est de 241 € au 1er janvier 2026 (révisé annuellement). Onze sessions d’admissibilité sont organisées en 2026, environ une par mois hors août — le détail figure dans notre calendrier des sessions.

Point souvent mal compris : la formation préalable n’est pas obligatoire. Vous pouvez vous présenter en candidat libre, en préparant les sept épreuves par vous-même sur la base du programme officiel (arrêté du 6 avril 2017 modifié). Ce qui est obligatoire, c’est la réussite à l’examen — pas le passage par une école.

Pour le contenu détaillé de chaque épreuve, reportez-vous au programme complet de l’examen VTC et au guide dédié à l’épreuve G(V) de réglementation.

Après la réussite : la carte professionnelle, puis le registre si vous êtes indépendant

La réussite à l’examen ouvre le droit de demander la carte professionnelle de conducteur de VTC, en ligne. L’administration la délivre dans un délai maximum de trois mois (article R3120-6 du Code des transports) ; elle est valable cinq ans (arrêté du 7 septembre 2017). Toutes les étapes — pièces, coût, renouvellement — sont détaillées dans notre guide de la carte professionnelle.

Si vous exercez en indépendant — configuration la plus courante pour travailler via une plateforme — une seconde démarche s’ajoute : créer votre entreprise, puis l’inscrire au registre des exploitants de VTC (REVTC), comme l’exige l’article L3122-3 du Code des transports (inscription en ligne, 170 €, valable cinq ans). Exercer sans cette inscription constitue un exercice illégal de la profession, puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende (article L3124-7 du Code des transports, barème en vigueur depuis la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026). Le choix de la forme juridique de l’entreprise vous appartient et sort du périmètre de ce guide.

C’est seulement une fois ces étapes accomplies que vous pouvez activer un compte chauffeur sur une ou plusieurs plateformes — la carte professionnelle vous sera systématiquement demandée.

  1. Étape 1

    Vérifier les conditions préalables

    Permis B depuis 3 ans (2 ans si conduite accompagnée), avis médical d’un médecin agréé, honorabilité.

  2. Étape 2

    S’inscrire et réussir l’examen T3P filière VTC

    Inscription sur exament3p.fr (241 € en 2026). Sept épreuves écrites, puis épreuve pratique (≥ 12/20).

  3. Étape 3

    Demander la carte professionnelle

    Téléprocédure en ligne ; délivrance sous trois mois maximum ; validité cinq ans.

  4. Étape 4

    Si indépendant : créer l’entreprise et s’inscrire au REVTC

    Inscription en ligne au registre des exploitants (170 €, cinq ans), assurance responsabilité civile professionnelle.

  5. Étape 5

    S’enregistrer auprès des plateformes choisies

    La carte professionnelle est exigée à l’activation du compte chauffeur.

Le parcours réglementaire type, de la décision au premier client.

Le développement commercial n’est pas un détail de l’examen

Dernier point, propre à la filière VTC : l’épreuve F(V) de développement commercial pèse coefficient 3 — autant que la réglementation ou la sécurité routière. Le législateur considère qu’un chauffeur de VTC est un entrepreneur : gestion de la relation client, construction d’une offre, notions de fidélisation font partie du programme officiel.

Les candidats qui visent exclusivement le travail via plateformes ont tendance à sous-estimer cette épreuve. C’est une erreur de stratégie d’examen : avec les épreuves A, C et G(V), elle concentre l’essentiel des coefficients. Notre conseil tient en une ligne, sans promesse : répartissez votre temps de préparation au prorata des coefficients, pas de vos préférences. Nos QCM de développement commercial couvrent le programme officiel de F(V), celui-là même que les candidats plateformes survolent.

Sources

Page devenir-chauffeur-vtc-plateformes-conditions — contenu éditorial vérifié. Pour signaler une information obsolète, contactez l'équipe via la page contact.